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UN PARLEMENT, POUR QUOI FAIRE ?

  • La rédaction
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

Le Journal des Départements n°52 - Février 2026


Bernard de Froment, Conseiller d’État honoraire, Ancien député et président du conseiller général de la Creuse, Avocat spécialisé en droit public
Bernard de Froment, Conseiller d’État honoraire, Ancien député et président du conseiller général de la Creuse, Avocat spécialisé en droit public

C’est le titre d’un intéressant ouvrage, l’un des livres de chevet des étudiants de Sciences-Po dans les années 70-80, publié en 1967, par André Chandernagor, aux éditions Gallimard.


Cet homme d’État, qui fut Premier Président de la Cour des Comptes  (1983-1990), à la fin d’une carrière politique longue et riche au service de la Creuse et du Limousin1, était un social-démocrate, proche de Guy Mollet, puis de Pierre Mauroy, très hostile à l’alliance des socialistes avec les communistes, ce qui a nui, évidemment, à ses relations avec François Mitterrand.


Très opposé à la conception qu’avait le général de Gaulle du rôle du Parlement, d’où la rédaction de l’ouvrage précité, André Chandernagor n’était pourtant pas sectaire, comme en témoigne la rédaction en 1977, sous forme d’un « Face à face », avec le très gaulliste Alexandre Sanguinetti, de « Réformer la démocratie », aux éditions Balland.


Aujourd’hui, le nom de celui qui s’est éteint en Creuse, en novembre 2025, à l’âge de 104 ans, n’est plus à vrai dire connu à l’extérieur de son département d’élection, qu’à travers sa fille Françoise, membre de l’Académie Goncourt, l’un de nos plus brillants écrivains contem-porains.


L’objet de ma tribune de ce mois est de rendre hommage à André Chandernagor et à la qualité de son analyse politique.

Certes, les circonstances ne sont pas les mêmes en 2026 qu’en 1967, le contraste étant aujourd’hui abyssal entre l’omnipotence d’alors, face à un parlement muselé, du général de Gaulle et l’impopularité d’aujourd’hui du président Macron, condamné à louvoyer face à une représentation nationale, criarde, divisée et impuissante.


Chacun aujourd’hui compte les jours qui nous séparent de l’élection présidentielle du printemps 2027, certains, motion de censure après motion de censure, s’efforçant de provoquer la chute de Sébastien Lecornu, troisième Premier ministre nommé par le Chef de l’État suite à la calamiteuse dissolution de l’Assemblée Nationale du 9 juin 2024.


Que de temps perdu et que de concessions faites pour éviter la censure, et ce au détriment de l’équilibre de nos comptes ! Retour en arrière sur la réforme pourtant indispensable de nos régimes de retraites, incapacité de faire des économies et taxation supplémen-taire des grandes entreprises pour tenter de boucher les trous, …


Les optimistes tentent de se rassurer en s’imaginant que nous traversons seulement une mauvaise passe et que suite à l’élection présidentielle de 2027, nous retrouverons une Assemblée Nationale disposant d’une vraie majorité, stable et cohérente.


Rien pourtant n’est moins certain. Le risque est grand, en effet, que les députés qui seront élus en juin 2027, au lendemain de l’élection présidentielle, soient aussi divisés qu’aujourd’hui.


Que faire, dès lors, pour échapper à ce scénario catastrophe ? Modifier le mode de scrutin, en adoptant de nouvelles règles, inspirées du scrutin municipal proportionnel à deux tours, avec prime majoritaire ? Cela semblerait une option raisonnable.


Encore, faudrait-il disposer pour cela disposer d’une majorité au Parlement pour faire adopter une telle réforme.


Mais, ce n’est pas gagné, et comme en 1970, on peut se poser la question : « Un Parlement, pour quoi faire ? »



1  Maire de Mortroux (1953-1983), conseiller général de Bourganeuf (1961-1983) député (1958-1981), président du conseil général de la Creuse (1973-1981) , président du conseil régional (1974-1981), ministre délégué chargé des affaires européennes (1981).

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