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C'est une singularité française qui mérite d'être soulignée. Alors que les collectivités territoriales sont confrontées à des défis toujours plus nombreux, les six présidents des départements du Centre-Val de Loire ont choisi depuis plusieurs années de travailler ensemble au sein d'une instance unique en France : le G6.


Réunis cette fois au Domaine royal de Dreux, à l'invitation de Christophe Le Dorven, président du Département d'Eure-et-Loir, Jacques Fleury (Cher), Marc Fleuret (Indre), Nadège Arnault (Indre-et-Loire), Philippe Gouet (Loir-et-Cher) et Marc Gaudet (Loiret) ont consacré une journée entière aux grands enjeux qui traversent leurs territoires.


Budget, attractivité, politiques sociales, intelligence artificielle, souveraineté économique, sécurité routière ou encore résilience territoriale : les sujets abordés témoignent du rôle stratégique que jouent aujourd'hui les départements dans la vie quotidienne des Français.


Pour Christophe Le Dorven, ces rencontres dépassent largement le simple cadre institutionnel :

"Ces réunions sont essentielles pour nous permettre d'être plus efficaces dans nos politiques publiques.

Nous constituons ainsi une véritable force pour avancer ensemble à l'échelle de notre région."


Face aux inquiétudes budgétaires qui pèsent sur les collectivités, les six présidents ont notamment décidé de porter une voix commune auprès de l'État concernant la future Allocation de Solidarité Unifiée (ASU). Une démarche qui illustre leur volonté de défendre ensemble les intérêts de leurs territoires et de leurs habitants.


Au-delà des positions communes, le G6 est devenu un véritable laboratoire d'idées et de coopération territoriale. Rarement des exécutifs départementaux auront poussé aussi loin la logique de travail collectif, partageant leurs expériences, coordonnant certaines actions et construisant des réponses communes aux défis de demain.


Dans le cadre majestueux du Domaine royal de Dreux, cette nouvelle réunion a rappelé une réalité souvent oubliée : les départements demeurent des acteurs majeurs de la cohésion territoriale. Et lorsqu'ils avancent ensemble, c'est toute une région qui gagne en force, en cohérence et en ambition.


Photo : De gauche à droite : Jacques Fleury, président du Cher ; Nadège Arnault, présidente de l’Indre-et-Loire ; Christophe Le Dorven, président du Département d’Eure-et-Loir ; Marc Fleuret, président de l’Indre ; Philippe Gouet, président du Loir-et-Cher ; Marc Gaudet, président du Loiret.



À l’heure où les territoires cherchent à conjuguer attractivité, cohérence de marque et création de valeur, la licence s’impose comme un levier stratégique encore sous-exploité. Entretien croisé entre Bruno Guillen, fondateur de l’agence Markeyters et expert reconnu des licences de marques publiques et Maxime Hürstel, Président de l’agence de communication Ipanema.


Le concept de « licence de marque » est partout autour de nous. De quoi parle-t-on concrètement ?


Bruno Guillen : il s’agit d’un accord par lequel un propriétaire de marque (une collectivité, un musée par exemple) autorise un tiers à utiliser son nom, son logo ou son univers sur des produits ou services, en échange d’une rémunération (redevances). Concrètement, elle permet d’exploiter une marque sur de nouveaux marchés sans produire soi-même, tout en garantissant cohérence, qualité et contrôle via un cadre contractuel précis. Cela est très répandu dans le monde de la consommation, et le concept se développe au sein des collectivités depuis une quinzaine d’années.


Maxime Hürstel : Au-delà du dispositif juridique et économique, la licence est une manière d'incarner la marque ailleurs que sur les supports de communication classiques. Elle prolonge le récit d'un territoire dans la vie quotidienne : un produit, un service, une expérience que l'on touche, que l'on consomme, que l'on partage. Pour un acteur public, c'est une nouvelle voie de passage : faire vivre sa marque dans des univers où la communication institutionnelle n'a pas sa place naturellement. La licence transforme un capital immatériel en présence concrète.


Comment les territoires français peuvent l’utiliser et dans quel but ?


B.G. : Pour valoriser leur image à travers des produits ou services porteurs de leur identité (gastronomie, naturalité, textile, design, etc.). L’objectif est d’accroître notoriété et attractivité, générer des revenus, soutenir l’économie locale et renforcer la protection juridique de leur marque tout en maîtrisant les usages de leur nom. Une licence de marque territoriale est un média. Mais un média qui rapporte. C’est une approche vertueuse unique.


M.H :  Je rejoins totalement cette idée du média qui rapporte. J'ajouterais qu'une licence de marque multiplie les points de contact avec les publics, là où la communication descendante atteint ses limites. Chaque produit licencié devient un ambassadeur du territoire, dans la durée, sur des marchés qu'une collectivité ne pourrait pas adresser seule. C'est un levier d'attractivité, mais c'est aussi un outil de cohérence : la marque territoriale se déploie partout avec la même promesse, le même récit. Et dans le contexte budgétaire actuel des collectivités, le fait d'associer rayonnement et retour sur investissement mesurable change vraiment la donne.



Comment un programme de licences de marque territoriale dynamise-t-il un territoire ?


B.G. : En permettant à des acteurs économiques d’un territoire de se réunir autour d’un projet et de valeurs partagées, un programme de licences génère des revenus additionnels et bien utiles pour un département. Il apporte une dynamique territoriale en créant des interactions entre les publics (consommateurs locaux ou visiteurs du territoire), les entreprises locales, et l’institution.


M.H :  Sur le plan de la marque, l'effet est puissant. Un programme de licences fédère un écosystème, les producteurs, les artisans, les commerçants, les distributeurs et il devient relais et porte-voix du territoire. Cela crée de la fierté d'appartenance, à la fois pour les habitants qui retrouvent leur territoire dans des produits qu'ils consomment, et pour les entreprises qui s'associent à une marque institutionnelle reconnue. On dépasse la logique transactionnelle : on partage une histoire, des valeurs, une vision. Et parce que ce récit est porté par une multitude d'acteurs, il gagne en authenticité, là où la seule parole institutionnelle peut paraître plus distante.


Existe-t-il des préalables à une politique de licences de marque ?


B.G. : Oui, une marque juridiquement protégée, un positionnement clair, des règles d’usage formalisées et adaptées (charte commerciale), une gouvernance définie et une capacité de contrôle. Ces ressources ne sont pas toujours disponibles et c’est tout l’intérêt pour un territoire de confier ce développement à une agence spécialisée.


M.H : Le préalable, du côté de la communication, c'est d'avoir construit une marque territoriale solide, avec un positionnement clair, un récit identifiable et une promesse tenue par des preuves. Sans cette colonne vertébrale, la licence se résume à apposer un logo, ce qui appauvrit la marque au lieu de la valoriser. Il faut une stratégie pensée dans la durée, une discipline éditoriale et créative, et une vraie capacité à animer la marque auprès des licenciés comme du grand public. C'est précisément à cette articulation que nos deux agences se complètent : Markeyters apporte l'expertise de la licence et de la diversification, Ipanema celle de la stratégie de marque, du récit et de son déploiement. Une licence ne réussit que si elle s'adosse à une marque qui dit quelque chose de juste et de durable sur le territoire qu'elle représente.


« La licence de marque permet de valoriser l’image et l’action des collectivités  à travers des produits ou services porteurs de leur identité.»




Ipanema est une agence de communication indépendante fondée en 1999. Elle accompagne les entreprises, les acteurs publics et territoriaux dans la définition de leurs stratégies de marque, leur animation et leur déploiement. 


Contact : Maxime Hürstel – m.hurstel@groupe-ipanema.com






Markeyters est une agence leader en France en licences et diversification de marques territoriales, fondée en 2012. Elle accompagne les acteurs publics dans la définition et la mise en place de stratégies de licences de marque, contribuant à en diffuser l’image et à générer de nouvelles sources de revenus.


Contact : Bruno Guillen – bguillen@markeyters.com

JDD Hors-Série - Mai 2026


Patricia Lecocq, Déléguée Régionale Orange Lorraine Champagne Ardenne
Patricia Lecocq, Déléguée Régionale Orange Lorraine Champagne Ardenne

Quel est l’ancrage d’Orange dans les départements et en particulier en Meuse ?


Orange s’inscrit comme un acteur majeur du développement économique et social dans les territoires. Présent dans tous les départements, l’opérateur ne se limite pas à fournir des services de télécommunications. Ainsi Orange s’engage activement dans la vie locale, en partenariat avec les collectivités, les associations et les acteurs économiques et sa présence se traduit par une volonté forte d’accompagner la ruralité, de soutenir l’économie locale et de favoriser l’inclusion numérique. 


Dans la Meuse, l’engagement d’Orange se manifeste notamment par des investissements dans les infrastructures, permettant de réduire la fracture numérique et d’assurer une couverture optimale. La présence physique de l’opérateur est également renforcée par deux boutiques situées à Verdun et à Bar-le-Duc, ainsi qu’une unité technique à Bar-le-Duc. Des locaux techniques importants sont également implantés à Saint-Mihiel, Commercy, Verdun et Bar-le-Duc, garantissant une maintenance efficace et une meilleure réactivité.


Par ailleurs, Orange participe activement à la vie économique locale en étant membre des « Entreprises s’engagent » (France Travail), une initiative portée par la CCI Meuse Haute-Marne, visant à faire se rencontrer entreprises et demandeurs d’emploi. L’opérateur est également partenaire de la CCI Meuse-Haute Marne et soutient des événements locaux tels que Verdun Expo, témoignant de son engagement dans le dynamisme économique du territoire.


Connectivité : quel est l’impact du très haut débit à l’échelle départementale ?


L’un des axes majeurs de l’action d’Orange dans la région est le déploiement du très haut débit. En Meuse, comme dans d’autres départements ruraux, cette évolution est essentielle pour réduire la fracture numérique et favoriser le développement économique. La mise en place de la fibre optique permet d’offrir des connexions plus rapides, plus stables et plus fiables, indispensables pour le télétravail, la télémédecine, l’éducation à distance ou encore le développement des entreprises locales.


L’impact du très haut débit est particulièrement fort dans les territoires de zones plus dispersées, où il constitue un véritable levier de désenclavement. La Meuse devient ainsi un laboratoire du numérique en milieu rural, où le numérique est utilisé comme un outil de cohésion et de développement local permettant aussi d’accroître l’attractivité du territoire.


Orange a également finalisé avec succès le déploiement de la Fibre Meuse Grand Sud, renforçant encore davantage la couverture numérique du département. 


Sur le terrain, l’opérateur s’engage activement à rencontrer les collectivités, notamment lors des réunions des conférences de maires et des assemblées des EPCI, pour expliquer le processus de retrait du cuivre et accompagner la transition vers le très haut débit.


Comment Orange accompagne les départements en termes d’inclusion numérique ?


L’inclusion numérique est au cœur des priorités d’Orange. Conscient que l’accès à Internet ne suffit pas, l’opérateur développe des programmes pour accompagner tous les publics, notamment les plus fragiles ou éloignés du numérique. En Meuse, cette démarche s’est traduite en 2025 par la réalisation de 83 ateliers numériques pour près de 900 bénéficiaires.


Ces ateliers couvrent diverses thématiques : initiation à l’usage d’Internet, la sécurisation de ses données, éviter les arnaques en ligne… Par exemple, certains ateliers sont organisés dans des centres sociaux ou des maisons de quartier, pour permettre aux seniors ou aux demandeurs d’emploi de mieux maîtriser les outils numériques. Orange a signé un partenariat avec les Missions Locales du Grand Est pour accompagner 2000 stagiaires à travers ces différents ateliers numériques.


Orange s’inscrit comme un partenaire de confiance dans la dynamique territoriale, notamment en Meuse, en investissant dans la connectivité et en œuvrant pour une inclusion numérique accessible à tous. 

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