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L’hospitalité doit-elle devenir une politique publique prioritaire ?

  • La rédaction
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

Le Journal des Départements n°52 - Février 2026


Si certains élus, bien que l’attractivité soit souvent un enjeu auquel ils adhérent, ne sont pas encore totalement tournés vers la notion « d’hospitalité », parfois la société civile vient les bousculer quelque peu pour ouvrir le débat et déclencher prises de conscience et réflexions. C’est ce qui se passe depuis quelques temps à Marseille où un collectif a lancé la démarche « Marseille HospitalitéS ».

Marc Thébault, Consultant auprès des collectivités locales en Attractivité et Communication
Marc Thébault, Consultant auprès des collectivités locales en Attractivité et Communication

Le site Marseille HospitalitéS pose d’emblée le cadre : « Comment agir pour que chaque personne, étudiante, festivalière, travailleuse, touriste, migrante, saisonnière, réfugiée, apprentie, aidante, ... se sente désirée, attendue et bienvenue à Marseille ? ». Si le travail du collectif derrière cette démarche dépasse la seule notion d’attractivité, il pourrait néanmoins sacrément l’enrichir.


Composé d’habitants, d’associations locales, d’acteurs économiques et d’acteurs civiques ce collectif souhaite que la question de l’hospitalité s’inscrive dans la politique publique locale et qu’elle soit notamment portée par la campagne municipale. A ainsi été diffusé, notamment aux candidats aux prochaines municipales, 63 propositions pour que cette notion d’hospitalité ne soit pas réservée aux seuls touristes, notamment les touristes à haut pouvoir d’achat, mais puisse aussi se déployer vers les travailleurs (saisonniers, stagiaires, apprentis, détachés, volontaires, télétravailleurs, etc.), les patients des hôpitaux et leurs familles, les étudiants, les marins, les gens du voyage, les pèlerins, etc. Le collectif rappelant ce constat que, au quotidien, si Marseille c’est 70 % de résidents, c’est donc également 30 % de non-résidents, répartis en 15 % de personnes de passage et 15 % de touristes.


Ainsi, depuis 2023, coopératives, associations et citoyens sont réunis sous une même bannière avec cette même intuition : « celle qu’on peut penser l’accueil autrement. Un accueil plus juste, plus ancré, plus sobre ». Leur vœu est que si, à Marseille, l’hospitalité est souvent brandie comme une évidence (« la ville n’a cessé d’être un lieu de passages, de brassages et d’arrivées »), il reste à en faire une réalité partagée : « Marseille a aujourd’hui l’opportunité de devenir la première grande ville française à faire de l’hospitalité un axe central de sa stratégie municipale. Un choix qui pourrait en faire un modèle inédit en France, un laboratoire d’accueil digne, durable, plus robuste économiquement et en cohérence avec une trajectoire de transition écologique. ».


Pour le collectif, être une ville hospitalière est une nécessité. 

« Notre constat est clair : l’hospitalité marseillaise existe. Elle est populaire, inventive et solidaire. Mais elle reste éclatée et épuisée. Elle n’est pas encore pensée comme une politique publique à part entière. Or l’hospitalité touche à tout : logement, santé, santé mentale, mobilité, culture, environnement, justice sociale, etc. [...] 


Le collectif propose une délégation municipale à l’hospitalité, la transformation du Comité des acteurs du tourisme en Comité des acteurs de l’hospitalité, et la mobilisation d’un levier financier existant : la taxe de séjour.

En dix ans, son montant a été multiplié par six, pour atteindre 14 millions d’euros. Il est possible de réallouer a minima 20% de cette ressource à l’hospitalité, inventer de nouveaux dispositifs et renforcer les initiatives existantes, notamment en termes d’accueil des jeunes et des plus vulnérables, pour lesquels les manques sont criants. ».


Après un lancement officiel en février 2024, plusieurs études et un hackathon dédié à l’accueil des jeunes en mobilité, le 4 juin 2025 a été présentée la fresque des hospitalités marseillaises avec notamment 4 thèmes de réflexion : le premier accueil, l’accueil comme soin, l’accueil chez l’habitant et l’accueil collectif. De tout cela a été tiré un « Carnet des hospitalités marseillaises », en forme de livre blanc, qui détaille les 63 propositions évoqués ci-dessus. Il est à retrouver sous ce lien : https://www.marseille hospitalites.fr/notre-carnet-des-hospitalites-marseillaises/


Merci à Bruno Gelsomino, membre de ce collectif, pour ses éclairages indispensables à la rédaction de cet article.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site : https://www.marseille-hospitalites.fr.



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