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PRESIDENTIELLES 2027 : LA GUERRE DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC AURA BIEN LIEU

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

JDD n°55 - Mai 2026


BERNARD DE FROMENT - CONSEILLER D'ETAT HONORAIRE ANCIEN DÉPUTÉ ET PRÉSIDENT DU CONSEILLER GÉNÉRAL DE LA CREUSE, AVOCAT SPÉCIALISÉ EN DROIT PUBLIC
BERNARD DE FROMENT - CONSEILLER D'ETAT HONORAIRE ANCIEN DÉPUTÉ ET PRÉSIDENT DU CONSEILLER GÉNÉRAL DE LA CREUSE, AVOCAT SPÉCIALISÉ EN DROIT PUBLIC

Il y a quelques jours, le lundi 27 avril 2026, la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, dite Commission Alloncle, du nom de son rapporteur, le député ciottiste de l’Hérault, Charles Alloncle, a adopté son rapport.


A l’heure où ces lignes sont écrites, ce rapport de quelque 400 pages n’a pas été publié, ce qui sera le cas, lorsque le présent JDD le sera, puisque


l’Assemblée nationale a annoncé sa publication le 4 mai.


Approuvé in extremis par 12 voix contre 10, et 8 abstentions, la question se pose de l’avenir de ce rapport très controversé. Car même ceux qui l’ont voté, comme le président de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons du Calvados , ne partagent pas toutes ses conclusions.


Sans surprise, les conclusions du rapport, auxquelles ses contradicteurs reprochent d’avoir été rédigées avant les auditions des personnes entendues et sans enquête véritable, reprennent pour l’essentiel les propositions du Rassemblement National, que l’Union des Droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti, a rallié. 


Dénonçant l’absence de neutralité de l’audiovisuel public, le coût du modèle (4 milliards d’euros par an), la lourdeur de l’organisation qui nécessite des réformes structurelles, le rapport Alloncle est articulé autour de 80 propositions visant à une refonte profonde de l’audiovisuel public se caractérisant par la suppression de chaînes, la fusion de France 2 et France 5 en une entité unique, la disparition de certaines antennes radio.


Si le rapport d’enquête a été approuvé à une courte majorité, c’est parce que certains qui l’ont approuvé, comme naturellement aussi les abstentionnistes, ont préféré mettre sur la place publique le contenu des propositions de Charles Alloncle et de la future majorité qu’il appelle de ses voix, plutôt que de les passer sous silence et de nourrir les fantasmes.


Il n’en reste pas moins que certains, comme le député MODEM du Finistère, Erwan Balanant, qui a préféré s’abstenir et non voter contre, annoncent déjà la rédaction d’un contre-rapport pour contester des propositions jugées "délétères".


Cette initiative fait écho à la tribune publiée dans Le Monde en février dernier par un collectif de 350 personnalités faisant part de leur malaise sur la manière dont Charles Alloncle, souvent accusé de se comporter en “procureur”, avait mené les auditions.


Mais le rapport Alloncle ne constitue que l’un des éléments du débat, car la bataille fait rage également entre Delphine Ernotte et CNEWS, la première accusant la chaîne, propriété comme Europe 1, de Vincent Bolloré, d’être un média d’extrême droite, tandis que l’un de ses journalistes vedettes, Pascal Praud, estime, dans « l’heure des Pros » que Madame Ernotte a « wokisé », France Télévision. Ambiance !!!


D’autres vont encore plus loin : telle Sarah Knafo, désormais conseillère municipale du 16ème arrondissement de Paris, dont le score, supérieur à 10% au premier tour de l’élection municipale parisienne, a impressionné. 


Au-delà de son coût et du fait que l’audiovisuel public ne respecterait pas ses obligations de neutralité et de pluralisme, la députée européenne « Reconquête » considère que l’audiovisuel public découlait des besoins d’une époque, que cette époque est révolue, qu’il faut en conséquence en tirer les conclusions et le privatiser.


La présente tribune n’a pas pour objet de prendre parti entre les défenseurs du service public audiovisuel et ses contempteurs.


Il s’agit ici, simplement, d’indiquer que les candidats à l’élection présidentielle du printemps 2027 ne pourront pas faire l’impasse sur ce sujet, qui paraît aussi important que ceux du déficit budgétaire, de la réforme des retraites, ou de la taxe Zucman.


Ce sujets sont éminemment liés, car la France ne peut pas éternellement vivre à crédit. Surtout à un moment où se pose la question de l’effort accru qu’il convient de consentir en faveur de la défense de la France et de l’Europe.


Ainsi, dans les mois qui viennent, il est impossible que la guerre de l’audiovisuel public n’ait pas lieu.  


Bernard de Froment



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