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Ce que les mégots disent vraiment de nos espaces publics.

  • 19 mars
  • 2 min de lecture

JDD n°53 - Mars 2026


Les mégots mal jetés : des révélateurs des usages des territoires ?


La présence des mégots jetés au sol constitue aujourd’hui un enjeu de propreté urbaine central pour les collectivités, mais aussi un révélateur des usages et des appropriations de l’espace public. Agréé par l’État depuis 2021, l’éco-organisme Alcome accompagne les municipalités et EPCI dans la prévention et la réduction de ce déchet, à travers des dispositifs financiers, matériels et de sensibilisation/communication.


Les données issues de l’étude de gisement menée par Alcome montrent qu’on retrouve en moyenne en France 1,3 mégot tous les dix mètres de voirie. Mal jeté, un mégot est un déchet visible et durablement présent au quotidien . Au-delà de son impact environnemental, il cristallise des tensions autour de la propreté, du civisme et du partage de l’espace public.


Le mégot, révélateur des usages du territoire


C’est précisément cette dimension sociale et territoriale qui a été au cœur de la conférence–table ronde organisée par Alcome en partenariat avec l’Institut Terram. En s’appuyant sur une étude inédite de Jean-Laurent Cassely : « La France vue du sol. Quand la géographie des mégots révèle les mutations des territoires », les échanges ont mis en lumière la manière dont le mégot s’inscrit dans les usages ordinaires : déplacements, pauses, sociabilités, événements, lieux de passage ou de rassemblement.


Comme le souligne l’auteur de l’étude : « Le mégot est un reflet quasi parfait de la vie quotidienne dans les territoires. »


Les données et les témoignages issus des interviews des agents de propreté et de l’analyse des fréquentations et lieux de passage de trois collectivités en contrat avec Alcome, Grenoble, Ambérieu-en-Bugey et Banyuls-sur-Mer permettent de montrer que le mégot agit comme un indicateur des fréquentations, des rythmes de vie et des contextes d’usage. Sa présence, souvent banalisée, traduit des arbitrages individuels face aux normes collectives, mais aussi des attentes fortes à l’égard de l’action publique locale.


Un rôle clé pour les maires et les collectivités


L’étude tend également à montrer qu’il n’existe pas de solution unique, mais plutôt une combinaison d’actions qui vont permettre de changer la donne. Elle apporte également des enseignements concrets pour agir à la source, accompagner les collectivités et favoriser une évolution durable des pratiques. Dans ce contexte, les maires, qui ont la capacité d’intervenir concrètement au plus près du quotidien des habitants, apparaissent comme des acteurs centraux.


Ce sont eux qui sont en capacité d’articuler cette combinaison de solutions : dispositifs de rue, équipements adaptés, prévention, répression, nettoiement et médiation sur l’espace public. L’étude Terram souligne l’importance de messages lisibles, cohérents et incarnés localement pour faire évoluer les comportements.


En soutenant cette réflexion et en proposant des dispositifs opérationnels, Alcome entend aider les collectivités à se saisir pleinement de cet enjeu, non seulement comme un sujet de propreté, mais comme un levier d’amélioration du cadre de vie et du vivre-ensemble. La réduction des mégots au sol passe ainsi par des dispositifs adaptés et de la prévention, mais elle passe aussi par une meilleure compréhension des usages du territoire et par une action publique coordonnée et de proximité.



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