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La politique par le territoire, le territoire par la transmission Jean Brunel

  • 18 mars
  • 2 min de lecture

Directeur de cabinet de la Présidente du Conseil Départemental de l'Aude


Portrait rédigé par : Jean-Philippe Delbonnel, Rédacteur en Chef du Journal des Départements


En 2001, première carte au Mouvement des jeunes socialistes. “Tu t’es toujours senti socialiste, engage-toi”, se dit-il. Une timidité qui devient réserve, mais jamais retrait.

Mendès-France et Jospin comme boussole morale, et déjà la certitude que le pouvoir local se construit dans la durée. Étudiant à Montpellier, encarté dans l’Aude : l’équation est révélatrice. Paris ne sera jamais l’horizon.


De la jeunesse militante, il garde l’exigence et la méthode. Animateur fédéral du MJS, secrétaire national, puis premier secrétaire fédéral du PS de l’Aude. En 2014, il est élu à 96,6 % — “un score nord-coréen ou soviétique, au choix”, plaisante-t-il. L’humour désamorce l’autorité, mais la légitimité est là. Jean Brunel appartient à cette gauche de territoire qui a fait ses classes à la fédération, pas sur les plateaux. Il sera aussi membre du bureau national du PS puis laisse ses responsabilités en 2021, tout en demeurant militant.


En parallèle, l'université. DEA puis recherche doctorale en sciences de l'information et de la communication portant sur la communi-cation publique. D'abord attaché temporaire d'enseignement et de recherche, il exerce


comme chargé d'enseignement à Montpellier 3 depuis une vingtaine d'année. Là encore, cohérence : comprendre, analyser, transmettre. La communication et la politique comme objet d'étude tout autant que comme fonction.

En 2009, cap sur le Département. D’abord chargé de communication, puis chef de cabinet en 2011 et directeur en 2013. La présidence change en 2020 : Hélène Sandragné succède à André Viola et reconduit Jean Brunel. La continuité n’est pas du confort, c’est de la confiance.


Jean Brunel n’a jamais confondu la gauche avec le culte du verbe. Chez lui, la politique se pratique à vitesse longue, dans les institu-tions, au contact des solidarités, des agents, des élus et des militants. Là où d’autres regardent l’État depuis Paris, il le regarde depuis l’Aude. Dans une France qui redécouvre les départements, cette perspective vaut boussole.


Le portrait le montre tel qu’il est : rationnel, discret, fidèle, universitaire et politique. La République territoriale se tient aussi grâce à ces hommes qui savent tenir un Département sans bruit, avec méthode, et sans jamais perdre la boussole morale qui les a amenés là.


Jean Brunel est de ceux pour qui la politique n’est pas un métier tardif mais une socialisation précoce. Enfant, il lisait “L’hebdo des socialistes” chez son grand-père et découvre en 1988 la figure de Mitterrand à la télévision. Dans la famille, le centre de gravité est clair : un père maire de Conilhac-Corbières et haut fonctionnaire à la retraite, une mère assistante sociale (retraitée) et militante CFDT. La gauche n’est pas un slogan, c’est un milieu.

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