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Kevin Alleno, Directeur du Conseil départemental des Côtes-d’Armor.

  • La rédaction
  • il y a 18 heures
  • 2 min de lecture

Portrait rédigé par : Jean-Philippe Delbonnel, Rédacteur en Chef du Journal des Départements. 



Kevin Alleno est directeur de cabinet du président du Conseil départemental des Côtes-d’Armor. À l’inverse de ceux qui vivent le cabinet comme une scène, il le pense comme un lieu d’articulation. Dans sa bouche, le mot n’est pas anodin : articuler, c’est faire tenir ensemble des mondes qui ne se parlent pas spontanément, parfois même qui s’ignorent.


Lui-même le dit simplement : « Je fais un peu office de traducteur. » Aux élus, il explique les contraintes des services. Aux services, il détaille l’objectif politique. Entre les deux, il fait converger les vocabulaires, les logiques et les temporalités. La formule est précise parce qu’elle est vécue : le cabinet sert à faire coïncider les actes et les projets.


Cette définition du métier révèle quelque chose de plus profond. Chez Kevin Alleno, la politique n’est pas une dramaturgie, mais une technique du collectif. Et dans les départements, cette technique est mise à rude épreuve. Les contraintes budgétaires, les attentes sociales, la démographie, la santé, les solidarités, l’inflation des demandes : le local concentre aujourd’hui ce que le national esquive.


Face à cette pression, il choisit une méthode qu’il résume là encore sans détour : « Le choix qui a été fait a été celui du discours de vérité. » Dire ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas. Expliquer pourquoi les marges de manœuvre sont réduites. Assumer la transparence même lorsqu’elle est impopulaire. C’est une posture peu commune aujourd’hui, dans un moment où la communication a tendance à lisser et embellir.


Ce réalisme n’est pas du cynisme : c’est du respect. Respect des élus qui tranchent, respect des services qui exécutent, respect des habitants qui subissent les décisions. Loin du romantisme politique, Kevin Alleno choisit la politique expliquée, et non la politique prétendue.


Au cœur de sa vision, un autre élément émerge : le rôle des échanges informels. « Fondamentaux en politique », dit-il. Non pour le complot, mais pour le fonctionnement collectif. Dans une collectivité, les décisions ne naissent pas uniquement dans les réunions, les comptes rendus et les notes. Elles se construisent dans les marges : dans les couloirs, dans la confiance, dans les conversations courtes, dans le non-écrit. C’est l’intelligence relationnelle du pouvoir local.


Si l’on devait définir Kevin Alleno, ce serait peut-être ainsi : un directeur de cabinet qui ne simplifie pas la politique, mais qui la rend praticable. Il accepte la complexité, il n’en fait pas un argument. Il fait tenir les vocabulaires, les contraintes, les ambitions et les temporalités. Il incarne ce que la vie politique a de plus sérieux : la mise en œuvre.

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