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Portrait rédigé par : Jean-Philippe Delbonnel, Rédacteur en Chef du Journal des Départements. 


À 32 ans, Simon Esteve a pris ses fonctions de directeur de cabinet du président du Conseil départemental de la Haute-Marne, Nicolas Lacroix. Jurassien d’origine, diplômé en droit public, Sciences Po Strasbourg et Institut des hautes études européennes, il n’avait jamais posé le pied en Haute-Marne avant son arrivée fin juin 2025. Quelques semaines auront suffi pour qu’il adopte le territoire, ses paysages, ses équipes et son rythme politique.


Calme et posé, doté d’une intelligence vive, Simon Esteve appartient à cette génération de directeurs de cabinet qui ne confondent pas énergie et agitation. Chez lui, la réflexion précède la décision, et le geste accompagne le discours. Homme soigné et élégant, il occupe la fonction avec une retenue qui n’efface pas l’autorité.


Sa relation à la chose publique s’est forgée tôt. Très jeune, il siégeait au conseil municipal d’une petite commune jurassienne avec des engagements sur des dossiers de développement économique ou liés aux finances.


Cette entrée par le concret — budgets, projets, services et territoire — installe une conviction durable : la politique n’a de sens que lorsqu’elle produit des effets visibles et mesurables. “On voit les réalisations qui peuvent influer sur la vie des gens”, dit-il. Cette phrase, chez lui, n’a rien d’un slogan. C’est une doctrine.


Son parcours épouse cette exigence. D’une première expérience au cabinet de Jacques Pélissard, Président des Maires de France et Maire de Lons-le-Saunier, à la Région Île-de-France sur les fonds européens, il aborde l’Europe comme une boîte à outils, pas comme un sujet de colloque. Puis direction Montereau-Fault-Yonne et l’Assemblée nationale auprès d’Yves Jégo, enfin à la tête du cabinet et de la communication du Pays de Gex.

Toujours la même équation : coordonner, piloter, délivrer.


Son arrivée en Haute-Marne auprès de Nicolas Lacroix, Président du groupe DCI à l’Assemblée des Départements de France s’inscrit dans cette cohérence. Le Département, dit-il, est “la collectivité de proximité” par excellence. Santé, démographie, attractivité, services publics : autant de défis contemporains qu’il aborde sans emphase, mais avec méthode.

Ce qui l’attire ici ? Le territoire, bien sûr, mais aussi la personnalité du président et ce qu’il appelle “des politiques audacieuses” et un “courage politique”. Simon Estève a besoin de croire en ce qu’il fait. Il aime les challenges.

Sportif accompli, adepte de triathlon, il quitte volontiers son bureau pour rejoindre le canal ou les petites routes. Courir, nager, pédaler : une hygiène de vie, mais surtout une manière d’habiter un territoire. Le défi sportif n’est jamais loin du défi politique : endurance, tempo, progression.


Au fond, Au fond, Simon Esteve est de ceux qui considèrent que la politique doit se faire, non se commenter. Que les collectivités locales sont des lieux d’innovation institutionnelle. Et que l’État local n’est pas un vestige mais une promesse. Son parcours le dit mieux que n’importe quel discours : les territoires ne sont pas des marges, ils sont les lieux où l’on peut tenir parole.

Portrait rédigé par : Jean-Philippe Delbonnel, Rédacteur en Chef du Journal des Départements. 



Kevin Alleno est directeur de cabinet du président du Conseil départemental des Côtes-d’Armor. À l’inverse de ceux qui vivent le cabinet comme une scène, il le pense comme un lieu d’articulation. Dans sa bouche, le mot n’est pas anodin : articuler, c’est faire tenir ensemble des mondes qui ne se parlent pas spontanément, parfois même qui s’ignorent.


Lui-même le dit simplement : « Je fais un peu office de traducteur. » Aux élus, il explique les contraintes des services. Aux services, il détaille l’objectif politique. Entre les deux, il fait converger les vocabulaires, les logiques et les temporalités. La formule est précise parce qu’elle est vécue : le cabinet sert à faire coïncider les actes et les projets.


Cette définition du métier révèle quelque chose de plus profond. Chez Kevin Alleno, la politique n’est pas une dramaturgie, mais une technique du collectif. Et dans les départements, cette technique est mise à rude épreuve. Les contraintes budgétaires, les attentes sociales, la démographie, la santé, les solidarités, l’inflation des demandes : le local concentre aujourd’hui ce que le national esquive.


Face à cette pression, il choisit une méthode qu’il résume là encore sans détour : « Le choix qui a été fait a été celui du discours de vérité. » Dire ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas. Expliquer pourquoi les marges de manœuvre sont réduites. Assumer la transparence même lorsqu’elle est impopulaire. C’est une posture peu commune aujourd’hui, dans un moment où la communication a tendance à lisser et embellir.


Ce réalisme n’est pas du cynisme : c’est du respect. Respect des élus qui tranchent, respect des services qui exécutent, respect des habitants qui subissent les décisions. Loin du romantisme politique, Kevin Alleno choisit la politique expliquée, et non la politique prétendue.


Au cœur de sa vision, un autre élément émerge : le rôle des échanges informels. « Fondamentaux en politique », dit-il. Non pour le complot, mais pour le fonctionnement collectif. Dans une collectivité, les décisions ne naissent pas uniquement dans les réunions, les comptes rendus et les notes. Elles se construisent dans les marges : dans les couloirs, dans la confiance, dans les conversations courtes, dans le non-écrit. C’est l’intelligence relationnelle du pouvoir local.


Si l’on devait définir Kevin Alleno, ce serait peut-être ainsi : un directeur de cabinet qui ne simplifie pas la politique, mais qui la rend praticable. Il accepte la complexité, il n’en fait pas un argument. Il fait tenir les vocabulaires, les contraintes, les ambitions et les temporalités. Il incarne ce que la vie politique a de plus sérieux : la mise en œuvre.

Portrait rédigé par : Jean-Philippe Delbonnel, Rédacteur en Chef du Journal des Départements.



Pierre Girin appartient à ces professionnels dont la trajectoire s’inscrit dans la durée plutôt que dans la rupture. Directeur de cabinet du Département du Rhône depuis 2024, il incarne une forme particulière de savoir-faire territorial : la compréhension intime de l’institution et de son département, le sens des processus et la capacité à tenir le fil des décisions dans le temps.


Entré au Département du Rhône en 2015 comme chargé de groupe, il rejoint le cabinet un an plus tard. Il gravit en dix ans les étapes successives du cabinet. D’abord l’adjoint, ensuite le chef, puis le directeur. Non pas au gré des alternances, mais par consolidation progressive. Ce chemin signale quelque chose de rare : une légitimité bâtie sur la compétence, la proximité avec l’exécutif et la connaissance du territoire.


Le Rhône, depuis la création de la Métropole de Lyon en 2015, est un territoire particulier. Département recomposé, recentré sur un périmètre périurbain et rural, il a dû réinventer ses politiques publiques, ses équilibres et son identité. Dans ce contexte, le cabinet n’est pas seulement un outil politique ; il devient un organe de médiation, de repositionnement territorial et de proximité.


Pierre Girin y excelle par une vertu discrète : la maîtrise. Maîtrise des dossiers, des procédures, des arbitrages, mais aussi des rythmes institutionnels. Le cabinet n’est pas chez lui un espace de mise en scène, mais un lieu de coordination. La politique y prend la forme du travail bien fait au service des habitants.


À côté de ses fonctions, Pierre Girin enseigne les humanités politiques à HEIP. Le détail n’est pas anodin. En transmettant, il formalise ce qu’il a appris dans la pratique : les relations entre élus et administration, la fabrication des décisions publiques, la rhétorique et la communication politique. C’est une forme de maturité professionnelle que peu revendiquent, et que l’on remarque d’autant plus qu’elle se fait sans emphase.


Le portrait de Pierre Girin se lit dans cette cohérence : sérieux, organisé, solide dans le temps, peu enclin au spectaculaire. Un directeur de cabinet qui considère l’action publique comme une architecture qu’il faut assembler, maintenir, corriger et faire évoluer. Une fonction qui demande plus de constance que d’éclats, et où la continuité vaut parfois plus que le mouvement.

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