top of page

L’ensemble de nos publications

Tous les contenus

Le Journal des Départements n°51 - Janvier 2026



Les maires et leurs CCAS/CIAS sont en première ligne face au vieillissement de la population. Observateurs quotidiens des parcours de vie, ils sont aussi des acteurs importants de l’adaptation de notre modèle social et territorial. Le rapport Les CCAS et l’habitat des séniors, publié par l’Unccas en partenariat avec Enéal, dresse un constat sans équivoque : 96 % des CCAS considèrent l’habitat comme le principal déterminant du bien-vieillir, mais seuls 14 % disposent aujourd’hui d’un programme structuré d’adaptation des logements.


“La question de l’habitat dépasse largement le seul cadre du logement. Elle touche à la santé, à la mobilité, aux liens sociaux, au sentiment d’appartenance et, plus largement, à la place que notre société accorde à ses aînés.” déclare Luc Carvounas, Président de l’Unccas. Réalisée auprès de 368 CCAS et CIAS, l’enquête met en lumière une tension croissante entre des besoins en forte évolution et une offre encore insuffisamment diversifiée.


Les CCAS/CIAS, acteurs pivots dans le développement de l’offre


Les CCAS/CIAS partagent une lecture globalement homogène des besoins : permettre aux seniors de rester acteurs de leur parcours résidentiel, dans des logements adaptés, accessibles et intégrés à leur environnement. Toutefois, ces besoins varient selon la nature

des territoires. En zones urbaines et périurbaines, le manque de logements adaptés et la complexité du parcours résidentiel sont prégnants ; en milieu rural, l’isolement social et l’accès aux services complexifient les réponses.


Nombre de CCAS/CIAS sont déjà acteurs de l’offre, en gérant des logements ou des établissements pour personnes âgées (en moyenne, un CCAS gère 2,2 établissements).Mais ils se heurtent à des contraintes fortes : ingénierie en gestion médico-sociale parfois limitée, patrimoine ancien nécessitant de lourdes rénovations, complexité administrative des dispositifs et instabilité des financements. Autant d’obstacles qui freinent le déploiement de solutions nouvelles.


Priorités et axes de travail pour répondre aux besoins


Le rapport identifie sept constats majeurs, qui convergent vers plusieurs priorités d’action : renforcer les coopérations territoriales pour construire des réponses cohérentes, investir dans les ressources humaines, déployer des solutions de proximité et modulables, soutenir l’adaptation des logements, notamment avec la simplification de l’aide MaPrimeAdpat’, développer une politique de prévention globale et sécuriser les financements. Le logement apparaît ainsi comme le premier déterminant du bien-vieillir, à condition d’être pensé dans une approche intégrée.


Les maisons d’accueil familial MonSenior : une réponse clé en main


Dans ce contexte, les maisons d’accueil familial MonSenior constituent une solution concrète et clé en main pour les communes. Ce dispositif d’accueil familial offre une alternative entre le maintien à domicile et l’EHPAD, dans un cadre familial sécurisant, favorisant le lien social et la proximité sans le moindre impact pour les finances de la collectivité.


Il répond directement aux axes identifiés par l’Unccas : solution modulable, lutte contre l’isolement, ingénierie de projet de prise en charge, partenariats avec des bailleurs sociaux et absence d’investis-sement financier pour les communes. L’exemple des maisons MonSenior à Cours (69 - Rhône), en collaboration avec l’Office Public de l’Habitat Deux Fleuves, illustre cette capacité à compléter l’offre existante, en milieu rural, entre résidence autonomie et établissement médicalisé.


Les conseils départementaux jouent un rôle central dans les politiques de solidarité et du bien-vieillir. Aux côtés de l’Unccas et des communes, ils peuvent s’appuyer sur des partenaires capables de simplifier, d’opérationnaliser et d’accélérer les projets. Les territoires disposent des ressources ; ils ont aujourd’hui besoin d’alliés pour transformer l’essai. MonSenior s’inscrit dans cette logique, au service d’un habitat senior humain, durable et ancré localement.



Le Journal des Départements n°51 - Janvier 2026



Alcome, l’éco-organisme agréé par l’État pour la réduction des mégots au sol, franchit une nouvelle étape dans son accompagnement des collectivités. Le 15 décembre, le SMICTOM des Flandres est devenu le premier établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à contractualiser directement avec Alcome, au titre de sa compétence "collecte de déchet" dans le cadre d’un nouveau modèle de contrat dédié aux intercommunalités.


Cette signature intervient dans un contexte où les enjeux liés aux mégots s’imposent comme une priorité environnementale et opérationnelle pour les collectivités. L’étude de gisement d’Alcome montre qu’on retrouve en moyenne en France 1,3 mégots tous les 10 mètres de voirie. Pour les élus locaux, réduire cette pollution suppose à la fois de structurer la prévention, d’équiper l’espace public et de sensibiliser durablement les usagers.


Un dispositif pensé pour les petites communes


Jusqu’ici, les communes contractualisaient individuellement avec Alcome. Une organisation efficace, mais parfois difficile à mobiliser pour les municipalités de petite taille, limitées en ressources administratives et financières. Les nouveaux contrats répondent à ce besoin : ils facilitent la gestion du contrat pour les petites communes, et permettent à un EPCI doté de la compétence « collecte de déchets » de porter un contrat unique, au nom de l’ensemble de ses communes volontaires.

Avec ce modèle, l’EPCI centralise la relation avec Alcome, gère les soutiens financiers, commande les équipements (cendriers de rue, éteignoirs, supports de sensibilisation) et accompagne les communes dans la mise en œuvre des actions. Les communes gardent la main sur l’opérationnel local : installation des dispositifs de rue, campagnes de sensibilisation, coordination avec les équipes municipales.


Cette approche permet de mutualiser les moyens, d’harmoniser les messages sur un même bassin de vie et de renforcer l’égalité d’accès aux dispositifs pour les petites communes. Elle simplifie également le suivi annuel du contrat et la remontée des bilans pour l’ensemble du territoire concerné.


Une première signature structurante


Le SMICTOM des Flandres est le premier syndicat intercommunal à adopter ce dispositif.


Il assure la collecte, le tri et la valorisation des déchets ménagers pour 35 communes, réparties au sein de deux ensembles intercommunaux : la Communauté de communes Flandre Lys et Cœur de Flandre Agglo. 


Au total, près de 119 000 habitants participent à cette démarche collective de réduction des mégots au sol.

L’accord prévoit plusieurs engagements : au moins une action annuelle de sensibilisation, la distribution de cendriers de poche via les buralistes du territoire ainsi que la mise en place d’équipements adaptés dans l’espace public. Le syndicat, de son côté, pourra par exemple piloter les commandes de dispositifs et soutenir les communes dans le déploiement de leurs opérations de prévention.

Pour Marie-Noëlle Duval, Directrice générale d’Alcome, cette première signature constitue un jalon essentiel : « Avec ce nouveau modèle de contrat, nous facilitons l’engagement des petites communes et des EPCI et leur donnons les moyens d’agir en faveur de la réduction des mégots au sol. La signature avec le SMICTOM des Flandres marque une étape importante : elle démontre qu’en mutualisant les efforts au niveau intercommunal, il est possible d’obtenir un impact rapide, coordonné et durable au service des habitants. »


Une dynamique territoriale en extension


Cette signature illustre la volonté d’Alcome de simplifier l’accès à ses dispositifs et de renforcer son maillage territorial. Créé en 2021 dans le cadre de la loi AGEC, l’éco-organisme accompagne aujourd’hui plus de 1 900 communes, représentant 43 % de la population française. Son objectif : réduire de 40 % la présence des mégots jetés au sol d’ici 2026.

Avec ces nouveaux contrats, Alcome ouvre une nouvelle voie opérationnelle pour faciliter l’accès à ses dispositifs, mobiliser simultanément plusieurs communes, et garantir une meilleure cohérence des actions à l’échelle d’un bassin de vie, où se jouent les usages quotidiens. Ces avancées traduisent une ambition claire : permettre aux collectivités, quelles que soient leur taille et leurs moyens, d’agir efficacement pour la réduction des mégots au sol, et d’améliorer durablement le cadre de vie des habitants.



 1 EPCI à compétence collecte de déchet.

A noter que les EPCI à compétence propreté pouvaient déjà contractualiser avec Alcome.

Le Journal des Départements n°51 - Janvier 2026



Rencontre avec Damien Deville, géographe, chercheur associé à la Sorbonne, enseignant et animateur de « Terres de relations » (Youtube). Aux côtés d’un cartographe et de deux illustratrices, il a publié un livre étonnant, « La France des mille lieux - Vers un réenchantement géographique » (éditions Ulmer). 


Ode à une géographie « culturelle », son approche peut devenir 

indispensable pour repenser l’attractivité des territoires.


Comment pourriez-vous présenter les idées qui sous-tendent cet ouvrage ?


Damien Deville : D’abord, sur le fond, ce livre existe pour distiller quelques idées sur des enjeux essentiels que je précise aussi sur notre chaîne Youtube « Terres de Relations » : nos sociétés sont devenues hors sol, nous connaissons mal les territoires où nous habitons. Pourtant, les territoires sont des loupes. Ils expriment l’épaisseur des sociétés autant que les futurs projetés. Ils doivent également se métamorphoser pour répondre aux crises contemporaines. Il y a un donc immense enjeu à dévoiler la diversité locale, pour mieux la connaître, mieux l’aimer et mieux la protéger. Sur la forme, ce livre est un atlas, dans le sens où c’est un livre de cartes. Mais c’est aussi un dialogue entre des illustrations et un volume de texte important, qui vise à mettre en mots les territoires, leur diversité et leur singularité.



La géographie « culturelle » semble être le socle de ce travail. Comment pourriez-vous la définir ?


DD : La géographie culturelle est une approche sensible, dans le sens où c’est une manière de révéler les mondes, de rendre visible l’altérité que parfois nous avons cessé de percevoir. Par ailleurs, un territoire

n’est jamais fixe, il est toujours en mouvement. S’il est le fruit de son histoire, il est aussi le fruit des parcours de vies qui s’y développent. Un territoire est toujours une œuvre partagée.


Le géographe et philosophe Augustin Berque à cette magnifique formule : « L’être se créé en créant son milieu ». Un territoire est donc aussi la somme des relations qui le composent, la somme d’une multitude de petites histoires entrelacées.


Votre regard sur l’attractivité des territoires, en tous les cas sur certaines démarches, est parfois réservé.


DD : Il est évident, et d’autres universitaires le disent aussi, qu’il convient de changer de paradigme : il faudrait sortir de la seule logique d’attractivité pour aller vers des stratégies de « bien-être territorial ». Reprendre simplement à son compte les démarches d’autres territoires sans recul et ni analyse de leurs performances, c’est prendre le risque de l’uniformité, donc de l’effacement. Il convient de se reconnecter à son histoire, à sa réalité, mais aussi aux populations et à leurs initiatives.


Dans une interview accordée au site Laou, vous disiez que « face aux inerties des grandes métropoles, ancrées dans des trajectoires d’uniformité, les campagnes peuvent proposer un contre-modèle économique fondé sur la relation ». Pouvez-vous détailler cela ?


DD : Les quinze métropoles françaises, d’après l’INSEE mais il faudrait réactualiser, représentaient il y a quelques années environ 40 % à 45 % de la population mais en concentrant 83 % des emplois ! Cette aspiration à des effets pervers pour les territoires plus modestes. Ils peuvent sombrer dans « l’effet dortoir » avec son absence de lien social. Et je vais citer de nouveau Berque : « Nous sommes en lien parce que nous sommes en lieu ». Un autre effet négatif est de voir les moyennes et petites villes, et la ruralité avec, se contenter parfois d’une place de « vassal » ou de « coulisses » vis-à-vis des métropoles.

Par exemple, rechercher à tout prix à implanter des grands entrepôts logistiques, c’est quelque part singer les métropoles et c’est en accepter tous les aspects négatifs, ne serait-ce que le trafic de poids lourds que cela engendre. L’enjeu est de changer de braquet, et pourquoi pas en faisant l’inverse ? Plutôt que de tout miser sur une seule filière, pourquoi ne pas investir dans la somme de multiples initiatives locales, de multiples structures, même modestes. On pourrait alors aboutir à un tout bien supérieur. La géographie culturelle, c’est aussi une forme d’engagement : notre livre pose des questions sur le rôle des citoyens, notamment pour tenter d’envisager comment nous pouvons changer notre manière d’habiter les territoires, surtout face aux enjeux contemporains. Le tout en étant bien conscients que tout est toujours possible sur chaque territoire. Avec un fort lien social ils peuvent tous, avec leur population, se réinventer.


Marc Thébault,  Consultant auprès des collectivités locales en Attractivité et Communication
Marc Thébault, Consultant auprès des collectivités locales en Attractivité et Communication


bottom of page