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JDD Hors-Série - Mai 2026

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JDD Hors-Série - Mai 2026

JDD Hors-Série - Mai 2026
Il existe des lieux qui dépassent leur propre histoire.
L’Abbaye de Cluny fait partie de ceux-là.
Au cœur de la Saône-et-Loire, cette abbaye n’est pas seulement un monument religieux ou un vestige patrimonial admiré des visiteurs. Elle demeure l’un des plus puissants symboles de ce que la foi chrétienne a profondément apporté à la construction de la France et de l’Europe.
Lorsque Cluny rayonnait sur le continent, au Moyen Âge, des centaines de monastères lui étaient rattachés. Depuis cette terre bourguignonne partaient des moines, des idées, une vision du monde fondée sur la prière, le travail, la transmission et l’ordre. Bien avant les grandes administrations modernes, l’Église structurait déjà les territoires, organisait les savoirs et faisait vivre une civilisation entière.
Il faut imaginer ce que représentait Cluny à son apogée : une abbaye gigantesque, l’une des plus vastes de la chrétienté occidentale, capable d’attirer pèlerins, érudits et puissants. Mais derrière la grandeur des pierres, il y avait surtout une discipline spirituelle. Une vie rythmée par les offices, le silence et la recherche de Dieu.
C’est peut-être cela qui frappe encore aujourd’hui lorsque l’on traverse Cluny : cette impression étrange de stabilité dans un monde devenu mouvant. Les siècles ont passé, les guerres ont détruit une partie de l’édifice, les révolutions ont bouleversé l’ordre ancien, mais quelque chose demeure intact. Une forme de verticalité.

Dans une époque souvent dominée par l’instantané, l’abbaye rappelle qu’une civilisation ne se construit pas uniquement sur l’économie ou la technique. Elle se construit aussi sur des racines spirituelles, culturelles et morales.
Cluny raconte finalement une évidence que notre pays oublie parfois : les départements français sont aussi les héritiers d’une histoire chrétienne qui a façonné leurs paysages, leurs villages, leurs fêtes et jusqu’à leur identité profonde.

Rencontre avec Yannick Duport, Directeur Commerce France & International de Dalkia

1. Pourquoi la géothermie est-elle aujourd'hui une priorité pour les territoires ?
La géothermie est une ressource inépuisable et disponible localement sur la quasi-totalité du territoire français. Pour un Département, c’est la garantie d’une souveraineté énergétique retrouvée : on ne dépend plus des fluctuations des marchés mondiaux des énergies fossiles. C’est aussi un outil de décarbonation massif : une centrale géothermique peut réduire de 90 % les émissions de CO2 par rapport au gaz.
Chez Dalkia, nous gérons déjà plus de 70 installations, ce qui nous permet d'éviter chaque année environ 170 000 tonnes de CO2. Qu’il s’agisse de géothermie de surface pour des bâtiments (disponible sur 85 % du territoire) ou profonde pour des réseaux de chaleur urbains, c'est une solution de confort qui produit du chaud, mais aussi du froid l'été.
2. Dalkia est un acteur historique de cette filière. Quelle expertise apportez-vous concrètement aux projets de territoire ?
Notre légitimité repose sur plus de 50 ans d’expérience. Nous exploitons d'ailleurs la plus ancienne centrale de géothermie profonde du bassin parisien, à Melun, depuis 1969. Aujourd’hui, Dalkia est le premier opérateur français en puissance installée.
Notre force est de maîtriser l’intégralité de la chaîne de valeur: de la connaissance du sous-sol et des techniques de forage (comme le premier forage subhorizontal réalisé à Cachan) jusqu'à la conception et l'exploitation des réseaux de chaleur.
Nous disposons d'une équipe d'experts dédiée et de techniciens qui maintiennent ces installations au quotidien pour garantir une performance optimale et sécurisée.
3. Quelles sont vos ambitions pour accompagner le déploiement de la géothermie dans les dix prochaines années ?
L'avenir est bas-carbone et local. Le potentiel est immense : la géothermie profonde pourrait couvrir jusqu'à 20 % des besoins en chauffage urbain d'ici 2050. Chez Dalkia, notre ambition est de tripler le nombre d'installations conçues et exploitées d'ici 10 ans avec 40 nouveaux projets. Malgré un investissement initial qui peut paraître élevé, ces projets sont soutenus par le Fonds Chaleur de l’ADEME et les Certificats d’Economie d’Energie (CEE). Cela permet de garantir un prix de l’énergie stable et prévisible sur le long terme pour les usagers. Pour autant, la géothermie est encore peu développée en France, notamment la géothermie de surface. Les projets sont encore couteux et la filière en structuration.
