Le Journal des Départements n°52 - Février 2026

La décision récente de l’Assemblée nationale de prolonger jusqu’en 2027 l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique marque une étape majeure pour les politiques publiques de sécurité.
À l’approche de grands événements internationaux, dont les Jeux olympiques d’hiver de 2030, l’État et les collectivités territoriales doivent répondre à une attente croissante d’efficacité des politiques de sécurité publique, tout en respectant un cadre démocratique clair.
Ce débat doit être abordé avec rigueur, loin des oppositions simplistes entre innovation technologique et libertés publiques.
La France dispose déjà d’un parc de caméras de vidéoprotection publiques, estimé à près de 100 000 pour les caméras de vidéoprotection de la police et des polices municipales. Dans les faits, l’immense majorité des flux vidéo ne sont que très partiellement exploités. Les opérateurs humains, même expérimentés, ne peuvent surveiller efficacement des écrans en continu sans perte d’attention rapide. Une étude du ministère de l’Intérieur a révélé qu’après 12 minutes de surveillance vidéo continue, un opérateur est susceptible de manquer jusqu’à 45 % de l’activité à l’écran et qu’après 22 minutes de surveillance, il manque jusqu’à 95 % de l’activité. L’enjeu, pour les collectivités, n’est donc pas tant d’augmenter le nombre de caméras que de rendre exploitables celles qui sont déjà déployées.
C’est précisément à ce niveau que la vidéo-intelligence trouve sa pertinence opérationnelle. Les technologies de vidéosurveillance algorithmique permettent d’assister les équipes de sécurité, d’améliorer les délais de réaction et de faciliter les investigations a posteriori. Elles n’automatisent pas la décision : elles renforcent la capacité d’analyse humaine dans un contexte de surcharge informationnelle.
Chez Orasio, entreprise européenne spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la vidéo, cette conviction est fondatrice. Les solutions développées par l’entreprise ont été conçues dès l’origine pour répondre aux besoins concrets des collectivités territoriales et des acteurs publics : s’intégrer aux systèmes existants, fonctionner en temps réel ou a posteriori, et respecter strictement le cadre réglementaire européen.
La prolongation de l’expérimentation jusqu’en 2027 ne constitue pas un blanc-seing technologique. Elle ouvre un temps d’évaluation indispensable, permettant de mesurer l’efficacité réelle des dispositifs et d’en contrôler les usages. Le RGPD et l’AI Act imposent des exigences élevées de transparence, de traçabilité et de protection des données. Ce cadre crée les conditions de la confiance, indispensables à toute technologie déployée dans l’espace public.
Les élus locaux ont une approche pragmatique de ces enjeux. Ils sont à la fois comptables de la sécurité quotidienne de leurs administrés et garants du respect des libertés individuelles. La vidéo-intelligence peut devenir un levier d’efficacité au service de l’intérêt général, à condition d’être déployée de manière proportionnée, contrôlée et souveraine.
Enfin, cette séquence parlementaire pose une question stratégique plus large : celle de l’autonomie technologique européenne. Le marché mondial de l’analyse vidéo est aujourd’hui dominé par des acteurs non européens. Construire des alternatives européennes crédibles, performantes et responsables n’est pas un choix idéologique, mais une nécessité opérationnelle.
La vidéosurveillance algorithmique est un outil puissant qui exige un haut niveau d’exigence politique, juridique et industrielle. À condition d’en garder la maîtrise, elle peut devenir un allié précieux des collectivités territoriales, au service d’une sécurité plus efficace et pleinement compatible avec les valeurs européennes.





