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Le Journal des Départements n°52 - Février 2026



Face à la montée de la précarité et la complexité des parcours d’aide, l’accès à une information fiable sur les dispositifs sociaux est un enjeu majeur. Depuis 2020, le Conseil départemental des Alpes‑Maritimes et Solinum travaillent main dans la main pour améliorer l’orientation des personnes en situation de précarité grâce à Soliguide, la cartographie des services et dispositifs solidaires. Retour sur un partenariat pionnier, ses impacts concrets et ses enseignements pour les territoires.


Interview croisée

Béatrice Vélot, Déléguée à l’Action Sociale du Conseil départemental des Alpes-Maritimes

Victoria Mandefield, Fondatrice et Directrice Générale de Solinum.


Comment s’est mis en place le partenariat avec Solinum ?


B.V : Au départ, les travailleurs sociaux du Département et les professionnels en posture d’accueil social exprimaient un besoin clair : pouvoir accéder facilement à l’ensemble des offres médico-sociales existantes sur le territoire, notamment en matière d’accès aux droits.


La pluralité des services proposés par l’ensemble des institutions et associations rendait l’offre peu lisible. Certains dispositifs n’étaient pas connus, compliquant l’orientation des publics et limitant la capacité à proposer une réponse sociale de proximité adaptée aux besoins.


Ces constats, partagés par l’ensemble des acteurs du territoire, figuraient également dans l’application du Plan pauvreté, qui prévoyait un accueil inconditionnel et donc une capacité renforcée à rediriger ou orienter efficacement les publics vers les services les plus adaptés. 

C’est dans ce contexte que, dès 2019, dans le cadre de sa politique SMART Deal impulsée par Charles Ange Ginésy, Président du Département des Alpes-Maritimes, la collectivité s’est engagée dans le développement expérimental d’une application « socio-connect ». 


Sur cette base, une dynamique partenariale s’est construite afin de recueillir les besoins et attentes vis-à-vis de l’outil. En novembre 2020, le Département a choisi de travailler avec Solinum, qui a développé une plateforme de cartographie des acteurs de la solidarité : SOLIGUIDE.


Ce choix s’est orienté sur le fait que l’outil était déjà existant, et surtout qu’il pouvait s’adapter aux réalités locales permettant à l’ensemble des acteurs de s’y impliquer dans une co-construction évolutive et participative. 


Pourquoi l’accès à l’information sociale est stratégique pour les Départements ?


B.V: En tant que chefs de file de l’action sociale et du développement social local, les Départements s’engagent dans des politiques cohérentes de l’accueil social inconditionnel de proximité pour favoriser l’accès aux droits, lutter contre les non-recours, l’illectronisme pour faciliter l’accès aux différents dispositifs d’aides. 


Il était donc essentiel pour le Département des Alpes-Maritimes de répondre à ce besoin, en tenant compte de la répartition des compétences confiées par la loi à ses partenaires et en impulsant une dynamique globale autour d’un réseau d’acteurs réunis autour d’un même outil .


V.M : Ce rôle structurant des Départements trouve un prolongement naturel dans la question de l’information. L’accès aux droits et aux services commence par l’accès à une information fiable : si l’information est incomplète, dispersée, ou obsolète, on augmente mécaniquement les risques de non-recours et de “mauvaises orientations”. Soliguide répond aussi à un enjeu très opérationnel : l’information est particulièrement critique quand elle évolue rapidement - fermetures estivales, crises … - précisément quand les personnes et les professionnels ont le plus besoin d’une source unique et à jour. 



Comment Soliguide s’intègre dans les politiques sociales ?


V.M : Au-delà de l’accès immédiat à l’information, Soliguide s’inscrit à la jonction de plusieurs politiques sociales : Plan Logement d’abord, France Numérique Ensemble, Pacte des solidarités, TZNR, Loi Pleine Emploi, Pasip …. Soliguide produit également un volume important de données sur l’offre sociale du territoire comme sur l’usage (catégories recherchées, filtres utilisés).


Ces informations peuvent nourrir un diagnostic territorial et contribuer directement à l’amélioration des politiques publiques.



En quoi ce partenariat est-il innovant / inspirant pour les collectivités ?


B.V : A l’heure où les applications se multiplient pour accéder à l’information sociale, Soliguide rassemble dans un même outil une cartographie de l’offre médico-sociale locale. La plateforme s’adresse aussi bien aux maralpins qu’aux professionnels qui les accompagnent. Son utilisation est simple, et les acteurs sont autonomes dans la mise à jour de leurs données, ce qui garantit une information toujours actualisée. Par ailleurs, la possibilité de partager ces données avec d’autres plateformes simplifie considérablement l’accès à l’information et la rend plus riche.


“Soliguide est une bonne illustration que le numérique peut être vecteur de progrès lorsqu'il s’appuie sur une démarche collective de co-construction, qu’il adapte aux besoins des parties prenantes et lorsqu’il accompagne sa prise en main auprès des utilisateurs.”


Soliguide en chiffres dans les Alpes-Maritimes :


 1 500 lieux référencés


100 000 recherches locales


3 premières thématiques alimentation, hébergement, accompagnement social


Pour découvrir Soliguide et le déployer sur votre territoire : 




Le Journal des Départements n°52 - février 2026


SOS Développement Solidarité Internationale (DSI) est une association humanitaire à but non lucratif, reconnue d’intérêt général par l’administration fiscale. Cette reconnaissance atteste de la transparence de sa gouvernance, de la qualité de ses actions et de l’utilité sociale de ses projets. Elle permet également aux donateurs, particuliers comme entreprises, de bénéficier de déductions fiscales, renforçant ainsi l’impact de chaque contribution.

Depuis sa création, DSI s’engage aux côtés des populations les plus vulnérables à l’international, avec une conviction forte : la solidarité n’est pas un concept abstrait, mais une force concrète capable de transformer durablement des vies.


Notre mission : agir pour une solidarité durable et inclusive


La mission de DSI repose sur un principe essentiel : favoriser l’accès aux droits fondamentaux pour toutes et tous. L’association intervient dans des domaines clés tels que l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, ainsi que la sécurité alimentaire.


Son approche privilégie la co-construction avec les acteurs locaux, convaincue que les solutions les plus efficaces sont celles qui s’inscrivent dans la réalité du terrain. Chaque projet est conçu pour être durable, mesurable et adapté aux besoins réels des communautés.


DSI œuvre également à sensibiliser le public, les institutions et les partenaires économiques aux enjeux de la solidarité internationale. Son action vise à répondre à des besoins immédiats tout en renforçant les capacités locales, afin de créer des dynamiques positives et pérennes.



Projet d’accès à l’eau potable et à l’assainissement


  • Canton BATI – Région du Littoral - Cameroun


Situé dans la commune de Nyanon, le canton BATI regroupe quatre villages – Kelleng, Mboungué, Nyambat et Ndogbikim – confrontés à un accès très limité à l’eau potable et à des infrastructures d’assainissement insuffisantes. En saison sèche, les femmes et les jeunes filles parcourent quotidiennement plusieurs kilomètres pour rejoindre la rivière Liwa, seule source d’eau disponible. Sous l’effet du changement climatique, son débit diminue fortement, accentuant la vulnérabilité des populations.


Les établissements scolaires et le dispensaire du canton sont dépourvus de points d’eau et de dispositifs de lavage des mains. Les conditions d’hygiène y sont particulièrement précaires, avec notamment une latrine vétuste et une eau impropre à la consommation. Cette situation favorise la propagation de maladies hydriques, touchant en priorité les enfants et les femmes enceintes, et entraîne un taux élevé d’absentéisme scolaire.


Face à ces enjeux majeurs de santé publique et de développement local, SOS Développement Solidarité Internationale (DSI) a engagé un vaste programme d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, fondé sur une approche durable et concertée avec les acteurs locaux. Le village de Kelleng a été identifié comme site pilote de cette intervention structurante.


Des actions concrètes mises en œuvre à Kelleng


Infrastructures en cours de réalisation :


  • construction d’un forage garantissant un accès pérenne à l’eau potable ;

  • édification d’un château d’eau assurant le stockage et la distribution ;

  • mise en place d’un mini-réseau alimentant deux bornes-fontaines, le dispensaire, l’école maternelle, l’école primaire et le collège.


Renforcement de l’assainissement :


  • installation de douches, toilettes et lavabos non mixtes ;

  • amélioration significative des conditions sanitaires pour les patients, le personnel soignant et les femmes venant accoucher.


Gouvernance locale et autonomisation des femmes :


  • création, formation et accompagnement d’un comité de gestion de l’eau, entièrement composé de femmes ;

  • renforcement de leurs compétences et valorisation de leur rôle dans la gestion communautaire.



Sensibilisation et éducation à l’hygiène :


  • actions menées dans les établissements scolaires et les lieux publics ;

  • promotion des bonnes pratiques d’hygiène et de santé préventive auprès des enfants et des familles.


Des perspectives d’extension à l’échelle du canton


Malgré les avancées significatives enregistrées à Kelleng, les besoins demeurent importants. Les prochaines phases du projet prévoient le renforcement des infrastructures d’assainissement et l’extension du réseau d’eau potable afin de desservir les trois autres villages du canton BATI.


Pour permettre la poursuite et l’élargissement de cette action essentielle à la santé, à la dignité et au développement des communautés rurales, DSI sollicite le soutien des collectivités territoriales, des entreprises, des fondations et des particuliers, dans une logique de cofinancement et de partenariat durable.



Un engagement positif : construire des partenariats pour amplifier notre impact


Le développement de partenariats solides et responsables constitue un pilier central de la stratégie de DSI. L’association collabore notamment avec des collectivités territoriales, tel que l’Eurométropole de Strasbourg, ainsi qu’avec des partenaires engagés comme l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, qui apportent leur soutien financier. Ces engagements témoignent de la confiance accordée à la mission de DSI.


Les collaborations avec les établissements scolaires et les organisations locales dans les pays d’intervention permettent d’élargir le champ d’action, de mutualiser les compétences et de garantir une utilisation optimale des ressources. 


Elles constituent également un gage de transparence et de crédibilité auprès des donateurs et des bénéficiaires. Convaincue que la solidarité se construit collectivement, DSI encourage les acteurs publics et privés à s’associer à ses projets, que ce soit par le mécénat, le soutien logistique, l’apport d’expertise ou la participation à des actions de terrain. Chaque engagement contribue à renforcer la capacité d’action de l’association.


Une vision tournée vers l’avenir


Dans un monde marqué par des crises économiques, climatiques et sanitaires, le rôle de DSI est plus que jamais essentiel. L’association poursuit son développement avec une ambition claire : agir de manière toujours plus structurée, plus innovante et plus proche des besoins des populations. Elle travaille à la mise en place de nouveaux programmes, à l’élargissement de ses zones d’intervention et à la consolidation de ses partenariats institutionnels, afin d’apporter des réponses concrètes, humaines et durables aux défis contemporains.


Conclusion : un appel à la solidarité active


Association engagée, structurée et ouverte à la coopération, SOS Développement Solidarité Internationale fonde son action sur la confiance de ses partenaires, la générosité de ses donateurs et l’implication de ses bénévoles. En soutenant DSI, chacun contribue à bâtir un monde plus juste, plus solidaire et plus humain.


Ensemble, il est possible de transformer des situations de vulnérabilité en opportunités d’avenir et de faire de la solidarité un véritable moteur de développement durable.


Comment nous soutenir ?


  • En devenant Partenaire.

  • Par chèque à l’ordre de SOS Développement Solidarité Inter-

         nationale DSI, BP 296 - 1A Place des Orphélins - 67000 STRASBOURG.

  • Par virement sur HelloAsso.

  • Par virement sur Yapla du Crédit Agricole (Yapla CA).

  • Sur le site web de l’association rubrique “JE DONNE”

  • En Adhérant à l’association, remplir le formulaire sur le site web rubrique “J’AGIS”. Sur HelloAsso ou Yapla CA.

  • En devenant Bénévole.


Nous contacter :

Contact : Mme Julienne VION

Présidente de l’association SOS Développement 

Solidarité Internationale DSI.

Inscrite au régistre des associations du Tribunal Judiciaire de Strasbourg, Références VOLUME : 100 Folio 92. SIRET : 900 118 803 00015.

Tél. : 06 72 17 51 91


Rivière Liwa seul point d'eau en saison sèche eau bue par la population
Rivière Liwa seul point d'eau en saison sèche eau bue par la population

Le Journal des Départements n°52 - Février 2026


La décision récente de l’Assemblée nationale de prolonger jusqu’en 2027 l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique marque une étape majeure pour les politiques publiques de sécurité.


À l’approche de grands événements internationaux, dont les Jeux olympiques d’hiver de 2030, l’État et les collectivités territoriales doivent répondre à une attente croissante d’efficacité des politiques de sécurité publique, tout en respectant un cadre démocratique clair.

Ce débat doit être abordé avec rigueur, loin des oppositions simplistes entre innovation technologique et libertés publiques.


La France dispose déjà d’un parc de caméras de vidéoprotection publiques, estimé à près de 100 000 pour les caméras de vidéoprotection de la police et des polices municipales. Dans les faits, l’immense majorité des flux vidéo ne sont que très partiellement exploités. Les opérateurs humains, même expérimentés, ne peuvent surveiller efficacement des écrans en continu sans perte d’attention rapide. Une étude du ministère de l’Intérieur a révélé qu’après 12 minutes de surveillance vidéo continue, un opérateur est susceptible de manquer jusqu’à 45 % de l’activité à l’écran et qu’après 22 minutes de surveillance, il manque jusqu’à 95 % de l’activité. L’enjeu, pour les collectivités, n’est donc pas tant d’augmenter le nombre de caméras que de rendre exploitables celles qui sont déjà déployées.


C’est précisément à ce niveau que la vidéo-intelligence trouve sa pertinence opérationnelle. Les technologies de vidéosurveillance algorithmique permettent d’assister les équipes de sécurité, d’améliorer les délais de réaction et de faciliter les investigations a posteriori. Elles n’automatisent pas la décision : elles renforcent la capacité d’analyse humaine dans un contexte de surcharge informationnelle.


Chez Orasio, entreprise européenne spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la vidéo, cette conviction est fondatrice. Les solutions développées par l’entreprise ont été conçues dès l’origine pour répondre aux besoins concrets des collectivités territoriales et des acteurs publics : s’intégrer aux systèmes existants, fonctionner en temps réel ou a posteriori, et respecter strictement le cadre réglementaire européen. 


La prolongation de l’expérimentation jusqu’en 2027 ne constitue pas un blanc-seing technologique. Elle ouvre un temps d’évaluation indispensable, permettant de mesurer l’efficacité réelle des dispositifs et d’en contrôler les usages. Le RGPD et l’AI Act imposent des exigences élevées de transparence, de traçabilité et de protection des données. Ce cadre crée les conditions de la confiance, indispensables à toute technologie déployée dans l’espace public.


Les élus locaux ont une  approche pragmatique de ces enjeux. Ils sont à la fois comptables de la sécurité quotidienne de leurs administrés et garants du respect des libertés individuelles. La vidéo-intelligence peut devenir un levier d’efficacité au service de l’intérêt général, à condition d’être déployée de manière proportionnée, contrôlée et souveraine.


Enfin, cette séquence parlementaire pose une question stratégique plus large : celle de l’autonomie technologique européenne. Le marché mondial de l’analyse vidéo est aujourd’hui dominé par des acteurs non européens. Construire des alternatives européennes crédibles, performantes et responsables n’est pas un choix idéologique, mais une nécessité opérationnelle.


La vidéosurveillance algorithmique est un outil puissant qui exige un haut niveau d’exigence politique, juridique et industrielle. À condition d’en garder la maîtrise, elle peut devenir un allié précieux des collectivités territoriales, au service d’une sécurité plus efficace et pleinement compatible avec les valeurs européennes.



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