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Le Journal des Départements n°52 - Février 2026


Face à la généralisation des usages numériques, les départements ont un rôle majeur à jouer dans l’accompagnement des jeunes et des familles. Internet Sans Crainte, programme national de sensibilisation au numérique, accompagne depuis plus de 18 ans les politiques publiques en matière de prévention, de protection des mineurs et de soutien à la parentalité numérique.


Opéré par Tralalere pour la Commission européenne, Internet Sans Crainte s’appuie sur une expertise reconnue : chaque année, plus de 1,2 million de jeunes sont sensibilisés, plus de 10 000 professionnels de l’éducation sont formés et plus de 50 000 familles accompagnées sur l’ensemble du territoire. Le programme travaille étroitement avec les ministères de l’Éducation nationale, de la Santé, de l’Intérieur et de la Famille, notamment sur les enjeux de cyberharcèlement, de régulation des usages et d’accompagnement des parents. Internet Sans Crainte est également l’organisateur en France du Safer Internet Day, journée mondiale inscrite à l’agenda scolaire et mobilisant chaque année un large écosystème éducatif.


Les constats sont clairs : 98 % des 8-11 ans ont accès à un écran à domicile, un enfant sur deux est confronté aux cyberviolences, 63 % des moins de 13 ans disposent déjà d’un compte sur un réseau social, et 82 % des parents se déclarent préoccupés par les usages numériques de leurs enfants. Ces chiffres font du numérique l’un des premiers sujets de préoccupation des familles.


Pour répondre à ces enjeux, Internet Sans Crainte propose aux départements de devenir territoires Internet Sans Crainte, grâce à une offre clé en main fondée sur la prévention, la formation et l’accompagnement. Cette démarche permet d’outiller durablement les collectivités, de former les professionnels au contact des jeunes, d’accompagner les publics et de fédérer l’ensemble des acteurs locaux.


L’offre comprend une plateforme éducative dédiée aux collèges, reliée à l’ENT, proposant des ressources pédagogiques tout au long de l’année pour les élèves, les équipes éducatives et les familles.


Les thématiques abordées couvrent l’ensemble des enjeux du numérique : questionner son rapport aux écrans, bien utiliser les réseaux sociaux, prévenir et agir face au cyberharcèlement, décrypter l’information en ligne, comprendre l’intelligence artificielle, adopter un comportement de citoyen numérique responsable et accompagner la parentalité numérique.


Des formations pour les professionnels, des diagnostics territoriaux, des ateliers pour les élèves et des conférences et webinaires pour les parents complètent cette offre.


Enfin, Internet Sans Crainte accompagne les départements dans la mobilisation de leur territoire à travers de grands temps forts nationaux de la sensibilisation tels que le Safer Internet Day, la journée Non au harcèlement ou la Semaine de la parentalité.


Face aux enjeux du numérique, les familles attendent des réponses concrètes. Internet Sans Crainte accompagne les départements qui souhaitent agir. Rejoignez le réseau des territoires Internet Sans Crainte et engagez dès aujourd’hui une démarche ambitieuse et pérenne au service des collégiens et des familles.



Le Journal des Départements n°52 - Février 2026


La Gironde recrute, innove et attire. Mais derrière ce dynamisme économique, une réalité plus contrastée s’impose : pour une part croissante des habitants, accéder à l’emploi dépend d’abord de la capacité à se loger et à se déplacer. Deux conditions devenues, pour beaucoup, des obstacles. Une enquête récente met en lumière l’ampleur de ces freins et alimente une mobilisation collective inédite pour y répondre.


Territoire en pleine croissance démographique et économique, la Gironde bénéficie d’une attractivité reconnue. Pourtant, cette dynamique masque des fragilités structurelles de plus en plus visibles.


Selon l’enquête menée auprès de 600 Girondins, le logement apparaît comme le premier frein à l’emploi, devant le manque d’opportunités professionnelles : un tiers des habitants le considère aujourd’hui comme un obstacle direct. Par ailleurs, 31 % déclarent avoir déjà renoncé à une opportunité professionnelle en raison de difficultés de transport.


Le logement apparaît comme la principale zone de tension. Plus de la moitié des Girondins jugent la situation insatisfaisante, notamment en dehors de la métropole bordelaise. Pour près d’un habitant sur deux, trouver un logement adapté n’est plus une étape du parcours résidentiel, mais un obstacle en soi. La pression est particulièrement forte chez les jeunes : 80 % des 18-29 ans et 62 % des étudiants déclarent avoir rencontré des difficultés importantes. À cela s’ajoute un constat quasi unanime sur le niveau des loyers, jugés trop élevés, voire inaccessibles, par neuf habitants sur dix.


À mesure que la Gironde attire, elle exclut aussi, silencieusement, ceux qui ne peuvent ni se loger ni se déplacer.


Face à ce constat, les acteurs réunis dans le cadre de la démarche collective appellent à un changement d’échelle. L’enjeu n’est plus seulement de construire, mais de produire plus et mieux. Concentrer l’effort dans les secteurs déjà urbanisés, bien desservis et proches des bassins d’emploi apparaît comme une priorité.


Densification raisonnée, mobilisation du foncier disponible, surélévation ou requalification des espaces existants figurent parmi les leviers identifiés. Une orientation qui rencontre un écho favorable : près de deux tiers des Girondins se disent prêts à accepter des projets de densification à proximité de leur lieu de vie.


La mobilité constitue l’autre grand verrou de l’accès à l’emploi.


Deux tiers des habitants la considèrent comme un point faible de leur territoire. Hors métropole, la dépendance à la voiture reste massive, faute d’alternatives crédibles. En zone urbaine, la ongestion routière, notamment autour de la rocade bordelaise, s’est accentuée ces dernières années. Ces contraintes pèsent directement sur l’accès au travail, touchant plus durement les étudiants, les demandeurs d’emploi et les catégories populaires.


Pour répondre à ces déséquilibres, le rapport souligne la nécessité d’une meilleure organisation des flux et d’une coordination renforcée entre les autorités de transport. Le Service Express Régional Métropolitain (SERM) est identifié comme un levier structurant, en s’appuyant sur les lignes ferroviaires existantes pour offrir une desserte plus fréquente, plus lisible et mieux connectée aux autres modes de déplacement. Objectif : réduire les temps de trajet, limiter l’usage contraint de la voiture et renforcer l’équité territoriale.


Au-delà des solutions techniques, un message s’impose : logement, mobilité, emploi et aménagement ne peuvent plus être pensés séparément. Les acteurs mobilisés appellent à une gouvernance plus transversale, capable de dépasser les logiques sectorielles. Car sans logement accessible ni mobilité efficace, le dynamisme économique de la Gironde risque de se heurter durablement à ses propres limites — au prix, cette fois, de fractures sociales et territoriales plus profondes.



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