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Entretien avec Jérôme Dumont, Président du Conseil départemental de la Meuse

  • 28 mai
  • 4 min de lecture

À la tête du Conseil départemental de la Meuse depuis 2021, Jérôme Dumont défend une ligne claire : valoriser les atouts du territoire, renforcer la proximité avec les habitants et faire de la Meuse un département qui agit plutôt qu’un territoire qui subit. Accès aux soins, collèges, solidarité, attractivité, finances locales : entretien avec un Président qui veut replacer l’optimisme au cœur de l’action publique.



La Meuse est un territoire rural confronté à des enjeux importants, mais qui dispose aussi de réels atouts.

Quel cap avez-vous souhaité donner à l’action du Département depuis le début de votre mandat ?


La Meuse possède de nombreux atouts, et le premier d’entre eux est sa situation géographique. Nous sommes au cœur de la région Grand Est, entre Paris et l’axe rhénan, au centre de grands flux européens. Grâce à la gare Meuse TGV, nous sommes à une heure de Paris et à une heure de Strasbourg, tout en étant proches de métro-poles comme Nancy, Metz ou Reims, ainsi que du Luxembourg et de l’Allemagne.


Mon objectif, depuis le début de mon mandat, est simple : valoriser pleinement les atouts de la Meuse. Je souhaite que les Meusiens retrouvent une véritable fierté de leur territoire et que notre département soit regardé autrement.


Nous avons un cadre de vie remarquable, un tissu économique solide, une agriculture forte, une industrie présente. Il faut cesser de parler de la Meuse uniquement sous l’angle des difficultés. La Meuse est un territoire dynamique et ambitieux.


La Meuse se caractérise par une faible densité et des réalités territoriales très diverses. Comment le Département adapte-t-il son action pour rester présent sur l’ensemble du territoire ?


La proximité fait partie de l’ADN des Départements. En Meuse, nous avons choisi d’en faire une priorité absolue.


Notre slogan résume cette ambition : Jamais seul en Meuse. Cela signifie qu’aucun habitant ne doit se sentir abandonné. Le Département accompagne les communes, les intercommunalités, les associations et les citoyens.


Cela passe par un maillage territorial fort, des services de proximité, l’entretien des routes, les mobilités, mais aussi une présence humaine constante. Dans un territoire rural, la proximité n’est pas un confort : c’est une nécessité.


L’accès aux soins est aujourd’hui une préoccupation majeure pour les habitants. Pourquoi le Département s’est-il engagé fortement sur cette question ?


Parce que c’est la priorité des habitants. Et lorsqu’un sujet devient la première inquiétude de la population, nous devons agir.


La Meuse dispose déjà d’un réseau important de maisons de santé pluridisciplinaires, parmi les plus denses de France pour un territoire rural. Nous avons beaucoup investi avec nos partenaires pour maintenir une offre de soins de proximité.


Mais cela ne suffit plus. Nous devons inventer de nouvelles réponses face à la désertification médicale.


Le Département est partenaire du dispositif e-Meuse Santé. Quel rôle joue-t-il dans cette démarche ?


e-Meuse Santé traduit notre volonté d’innover. Nous développons des solutions nouvelles autour de la télémédecine, de la santé connectée et de nouvelles formes d’organisation.


Le rôle du Département est d’impulser, de rassembler les partenaires et d’accompagner les expérimentations utiles.


Les territoires ruraux ne doivent pas être condamnés à subir les difficultés. Ils peuvent aussi devenir des laboratoires de solutions pour toute la France.


Le projet Cœur de Meuse, autour de la gare TGV, s’inscrit dans cette logique. Quelle est son ambition ?


Le projet Cœur de Meuse vise à créer un pôle de santé innovant à proximité immédiate de la gare Meuse TGV.



Nous voulons y accueillir des spécialistes, développer des activités de santé connectée, de formation et de recherche. C’est un projet structurant à la fois pour l’accès aux soins et pour l’attractivité de la Meuse.


Nous devons penser grand. Les territoires ruraux comptent et ont toute légitimité à porter des projets ambitieux !


L’action sociale reste une compétence centrale des Départements. Comment garantissez-vous un accompagnement de proximité ?


La solidarité est au cœur de notre mission. Là encore, nous avons une ligne simple : ne laisser personne sur le bord du chemin.


Nous avons réorganisé notre action autour d’un schéma unique des solidarités pour mieux coordonner l’enfance, l’insertion, l’autonomie et l’accompagnement social.


Nous renforçons aussi la prévention, car il vaut toujours mieux prévenir que réparer.


Sur le RSA, les résultats montrent que l’accompagnement renforcé porte ses fruits, avec une baisse significative du nombre d’allocataires ces dernières années.


Quelles sont vos priorités pour les collèges et la jeunesse ?


La jeunesse représente l’avenir du territoire.


Nous poursuivons un plan ambitieux pour les collèges autour de trois axes : la réussite scolaire, le numérique raisonné et la rénovation des bâtiments.


Nous avons fait le choix d’investir utilement : équipements mobiles, modernisation pédagogique, rénovation thermique et amélioration du cadre de vie scolaire.


Nous préférons rénover intelligemment plutôt que construire systématiquement du neuf.


La Meuse accueillera prochainement les Assises nationales de l’accès aux soins. Que représente cet événement ?


C’est une fierté pour la Meuse et une reconnaissance du travail engagé.


Mais c’est surtout l’occasion de porter la voix des territoires ruraux. Trop souvent, les décisions sont pensées depuis les grandes métropoles. Or les solutions viendront aussi des départements ruraux, parce qu’ils connaissent le terrain.

Si la Meuse peut contribuer au débat national, alors nous aurons été utiles.


Les Départements évoluent dans un contexte budgétaire contraint. Comment gardez-vous le cap ?


Les Départements ont besoin de visibilité. On ne peut pas piloter une collectivité sérieusement avec des règles qui changent chaque année.


Nous continuons à investir dans les routes, les collèges, la santé, l’habitat et les solidarités. Mais il faut une stabilité financière et davantage d’autonomie.


Les élus locaux savent gérer. Encore faut-il leur donner les moyens d’agir.


Qu’est-ce qui vous motive personnellement dans votre engagement ?


J’ai 49 ans, je suis conseiller départemental depuis 2015 et Président depuis 2021. Si je me suis engagé en politique, c’est d’abord par amour de mon territoire.


C’est un grand département par sa superficie, par son Histoire et par la qualité de son cadre de vie.

Nous avons aussi de véritables opportunités économiques, industrielles et technologiques.


Je suis professeur d’Histoire de formation. La Meuse porte une mémoire immense avec Verdun. Cette histoire nous rappelle des valeurs essentielles : la paix, la transmission, la réconciliation.

Au fond, je veux simplement faire de la Meuse un territoire qui agit, qui innove et qui regarde l’avenir avec confiance. 



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